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Politique Etrangère
 
 
OBJECTIFS ASSIGNES A LA DIPLOMATIE MALIENNE

1. Poursuivre le renforcement de la politique de bon voisinage et des relations bilatérales avec les autres pays d’Afrique non frontaliers du Mali et la promotion de la paix dans le monde.
 
Un des objectifs majeurs de notre diplomatie devra être, à cet égard, de renforcer la position éminente du Mali sur la scène régionale.

Cette perspective paraît d’autant plus s’imposer que les répercussions, notamment économiques, de la crise ivoirienne ont confirmé l’impérieuse nécessité pour le Mali de diversifier ses débouchés maritimes, de dynamiser et renforcer ses relations bilatérales avec les pays limitrophes et ceux du reste de l’Afrique.

De même, la sauvegarde de nos intérêts nationaux dicte à notre diplomatie de continuer à jouer un rôle actif dans la gestion des crises qui secouent l’Afrique et d’autres régions du continent.

A cet égard, notre diplomatie doit continuer d’être attentive aux différentes causes de conflits et de mésentente et de contribuer à leur solution en favorisant l’instauration de la confiance entre les pays de la sous-région (singulièrement entre pays membres de la CEDEAO) et l’instauration de la paix et la concorde en Afrique.
 
2. Promouvoir l’intégration économique de la sous-région, l’unité et
le développement de l’Afrique.
 
Le Mali a joué un rôle moteur dans l’accélération du processus d’intégration en Afrique de l’Ouest, notamment dans le cadre de la présidence conjointe, durant deux ans, de la CEDEAO et de l’UEMOA.

Notre diplomatie continuera d’œuvrer à l’accélération de ce processus à travers, notamment, l’harmonisation des programmes, des institutions et de l’arsenal juridique, et continuera de jouer un rôle actif concernant les autres organisations sous-regionnales, (OMVS, ABN, Liptako Gourma, CILSS, Cen-Sad.)

Le Mali ayant été un acteur majeur dans la création de l’Union africaine, notre diplomatie s’attachera à assurer la présence de maliens dans les organes de cette organisation.

Considérant le NEPAD comme une nouvelle opportunité pour le développement de l’Afrique, la diplomatie malienne s’emploiera à œuvrer pour que la communauté internationale engage les actions prioritaires suivantes :
 
  • éliminer les obstacles à l’exportation des produits africains traités, semi-traités et agricoles ; (en particulier le coton) ;

  • doubler l’aide publique au développement pour accroître l’investissement dans l’éducation, la santé et les infrastructures ;

  • alléger la dette extérieure des pays africains.
 
3. Contribuer au développement économique et social du Mali
 
Le Mali est reconnu aujourd’hui comme un pays stable, démocratique et respectueux des droits de l’homme. Ce capital de confiance a permis à notre pays, au cours de la décennie écoulée, de mobiliser d’importantes ressources pour son développement à travers une dynamisation de la coopération bilatérale et un renforcement de la coopération multilatérale.

A cet égard, les rapports avec les partenaires bilatéraux classiques seront consolidés et renforcés.

De même que seront poursuivis la recherche de nouveaux partenaires et le développement de nouveaux axes de coopération. Le renforcement continu de la coopération multilatérale sera poursuivi et amplifié.

Il faut se réjouir à cet égard de l’adhésion de l’ensemble des partenaires multilatéraux aux politiques et stratégies de développement du Mali, notamment lors de la conférence de table ronde de Genève de mars 2004.

La coopération hors l’Etat sera fortement encouragée, à travers, notamment l’intervention des organisations non gouvernementales et des collectivités.

Toutes ces actions gagneraient à trouver place dans une politique qui ajouterait aux attributions des missions diplomatiques et consulaires :
 
  • la promotion économique du Mali ;

  • l’appui au secteur privé malien ;

  • la promotion de la coopération culturelle.
 
4. Assurer une gestion plus efficace et mieux coordonnée des fonctionnaires
internationaux maliens.
 
La faible présence de cadres maliens dans la haute fonction publique internationale est un facteur limitant des moyens d’action et d’influence du Mali dans les organisations internationales.

Pour y remédier, il est prévu :
 
  • de créer un « Groupe de travail sur les fonctionnaires internationaux » chargé de définir une politique susceptible de renforcer les moyens d’action et d’influence du Mali dans les organisations internationales ;

  • de mettre en place au niveau du ministère des Affaires étrangères un Service /Division/Bureau des fonctionnaires internationaux qui assurerait :

    - la gestion d’un vivier de candidats ;
    - le traitement du dossier administratif des candidats retenus ;
    - le suivi des carrières des fonctionnaires et experts maliens en liaison avec les missions diplomatiques du Mali auprès des organisations internationales concernées.
 
 
UN OUTIL DIPLOMATIQUE RENOVE ET RENFORCE POUR UNE MEILLEURE PRISE EN CHARGE DE NOS OBJECTIFS
 

La prise en charge efficace des nouveaux objectifs de la diplomatie malienne nécessite un renforcement des capacités de l’outil diplomatique.

Des efforts importants ont été accomplis, à cet égard, qui ont porté, notamment, sur la restructuration des services centraux, l’extension de la carte diplomatique et l’adoption d’un « plan de carrière. »

Ces efforts ont commencé de montrer leurs limites puisque le ministère des Affaires étrangères souffre de nombreux dysfonctionnements dus, notamment, à l’inadéquation de certaines structures, une insuffisante coordination entre les services et entre ceux-ci et les postes, l’imprécision des objectifs assignés à ceux-ci et la non-évaluation des résultats obtenus par les postes.

Pour remédier à cette situation :

 
  • poursuivre la rationalisation des structures et des procédures ;
  • redonner au ministère des Affaires étrangères son rôle éminent de coordination de l’action extérieure de l’Etat ;
  • mieux organiser la représentation du Mali à l’étranger ;
  • mobiliser davantage les agents du département ;
  • renforcer les moyens budgétaires.
 
1. Poursuivre la rationalisation des structures et des procédures
 
Cet objectif sera atteint par l’édiction des mesures ci-après ;
 
  • Traduire en attributions normatives les orientations nouvelles de la diplomatie malienne en veillant, d’une part, à l’adéquation des missions et attributions conférées par le décret fixant les attributions des membres du gouvernement avec celles des textes relatifs aux structures du ministère ; à cet égard, une relecture des textes de création et d’organisation desdites structures est envisagée.

  • Redonner son véritable sens à la mission des ambassadeurs. Cette mesure appelle la mise en œuvre d’un programme d’action définissant les objectifs poursuivis par chaque poste et les moyens qu’ils supposent. Ce programme sera approuvé par le département (lettre de mission), qui en suivra l’exécution à partir d’un véritable processus de rendre compte.

  • Dynamiser le réseau diplomatique par l’amélioration de l’information destinée aux postes, la tenue régulière de la Conférence des Ambassadeurs, l’organisation de séminaires diplomatiques ouverts à des personnalités, administrations ou entreprises extérieures sur un thème à définir.
 
 
2. Redonner au ministère des Affaires étrangères son rôle éminent de coordination
de l’action extérieure de l’Etat.
 
Une meilleure coordination de l’action internationale du Mali est un gage d’efficacité et de crédibilité.

A cet égard, le rôle du ministère des Affaires étrangères est primordial et nous agirons pour qu’il soit confirmé.
 
 
3. Mieux organiser la représentation du Mali à l’étranger.
 
Le Mali compte aujourd’hui :
 
  • 30 ambassades se répartissant comme suit :

    ·Afrique : 16 dont 07 en Afrique de l’ouest, (Abidjan, Conakry, Dakar, Accra, Abuja, Nouakchott et Ouagadougou), 05 en Afrique du nord (Alger, Rabat, Le Caire, Tunis et Tripoli), 02 en Afrique australe (Pretoria et Luanda), 01 en Afrique centrale (Libreville) et 01 en Afrique orientale (Addis Abeba) ;

    · Europe : 06 (Paris, Bruxelles, Rome, Berlin, Moscou, Genève)

    · Asie : 04 , (Pékin, Ryadh, Téhéran et Tokyo) ;

    · Amérique : 04 (Washington, New York, Ottawa et Cuba.)


  • 09 consulats dont 08 consulats généraux (Abidjan, Paris, Tamanrasset, Khartoum, Brazzaville, Malabo, Djeddah et Niamey) et 01 consulat (Bouaké)
 
Une cinquantaine de consuls honoraires.

Ainsi, malgré les moyens limités, le Mali assure sa présence sur tous les continents.

Toutefois, la répartition actuelle de nos missions diplomatiques et consulaires révèle qu’elle repose sur un certain déséquilibre, et ne semble pas correspondre aux réalités géostratégiques et économiques consécutives aux mutations intervenues dans l’ordre international et à l’évolution qualitative de certains pays.

A cet égard, le Mali est absent de l’Asie du sud-est, et de l’Amérique du sud où, pourtant, émergent des puissances économiques (Malaisie, Brésil) avec lesquelles notre pays peut tirer grand profit.

De même, le Mali gagnerait à être représenté dans un des pays nordiques.

En ayant à l’esprit ces considérations :
 
  • nous proposerons une mise à jour de la carte diplomatique ;
  • nous expérimenterons de formules nouvelles de représentation (postes d’expansion économique, Missions commerciales).
 
4. Mobiliser davantage les agents du département.
 
L’efficacité de la diplomatie malienne sera grandement assurée avec un personnel compétent et motivé.

A cet effet, nous agirons dans trois directions :
 
  • Professionnaliser davantage les agents en ;

    - instituant des stages pratiques dès l'entrée au Département ;

    - encourageant la formation permanente - droit et devoir de chaque agent - compte tenu des évolutions techniques et économiques ainsi que des changements d'affectation;

    - en favorisant le perfectionnement linguistique;

    - développant la formation à l'informatique;

    - entreprenant une réflexion approfondie sur les polyvalences dont le Département a besoin pour le moyen terme, c'est-à-dire les dix ans à venir;

    - connaissances de plusieurs zones géographiques, connaissances des dossiers techniques, connaissances linguistiques, expérience de gestion etc ...


  • Rationaliser la gestion des carrières

    Cet objectif vise à offrir de véritables perspectives de carrière aux agents du Département et améliorer l'efficacité des postes, à travers :

    - d’institutionnalisation d’un système d'évaluation périodique des agents;

    - de renforcement de la rationalité et de la transparence des affectations en tenant compte des exigences d'une spécialité géographique (bilatéral) ou fonctionnelle (multilatéral ou communautaire);

    - l’encouragement de la diversité des recrutements afin de bénéficier d'un plus grand nombre d'agents d'origines diverses ainsi que la mobilité des carrières pour permettre une plus grande adaptation des diplomates à d'autres administrations (publiques ou privées) ;

    - la prise en compte des contraintes particulières de la vie diplomatique qui pèsent sur les conjoints, la vie familiale et l’éducation des enfants.


  • Rénover le statut particulier du cadre des fonctionnaires des Affaires étrangères

    La loi n° 84-54/AN-RM du 11 juillet 1984 portant "statut particulier des fonctionnaires du cadre des Affaires étrangères" sera revue et corrigée en vue:

    - d’harmoniser ses dispositions avec la Constitution du 25 février 1992, le Statut général des fonctionnaires et la pratique internationale;

    - de permettre la prise en compte des besoins spécifiques du métier de diplomate.


 
5. Renforcer les moyens budgétaires.
 
Le budget alloué au ministère des Affaires étrangères a connu une progression continue au cours de la décennie écoulée.

Cette tendance devait être maintenue et amplifiée puisque les exigences d’une diplomatie active et performante s’accommodent mal de l’insuffisance de ressources allouées au Département.

 
 
Le Ministre
  SE Moctar OUANE  
     
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